Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de partir en voyage au Costa Rica. Si vous êtes déjà allé dans ce pays, vous devez savoir que parmi les sujets intéressants à photographier sur place, il y a les colibris !

Ces petits oiseaux, également surnommés oiseaux-mouches ont une particularité. Ils bougent tout le temps et ils sont extrêmement rapides. En un mot, un calvaire pour les photographes !!

Il existe pourtant des astuces à connaitre qui peuvent aider grandement à relever le défi. Dans cet article, je vais vous en présenter deux que j’ai utilisées pour prendre la photo ci-dessous.

 

 

colibri_astuces_photo

400 mm – f/5,6 – 1/640 s – 1000 ISO

 

 

Trouver la bonne vitesse

Avant de commencer ma séance photo, j’avais dans l’idée de figer un colibri en plein vol. Pour y parvenir, il n’y a pas de secret, il me fallait utiliser une vitesse d’obturation rapide. Avec vitesse trop lente, le capteur aurait enregistré le mouvement de l’oiseau et il aurait été entièrement flou.

A cela, il faut ajouter que j’avais une contrainte supplémentaire au moment de prendre la photo :  la luminosité n’était pas très forte. Comme j’étais déjà à l’ouverture maximale de mon objectif (f/5,6), il ne me restait plus qu’une seule solution pour disposer d’une vitesse rapide : augmenter la sensibilité ISO.

A 200 ISO, je plafonnais à une vitesse se situant aux alentours de 1/160 s. Cette vitesse était bien trop lente pour espérer figer l’oiseau en vol. Je suis donc passé à 1000 ISO, ce qui m’a permis de bénéficier d’une vitesse plus confortable de 1/640 s.

Comme vous pouvez le remarquer, les ailes de l’oiseau sont encore floues. C’est un choix volontaire : en utilisant une vitesse rapide, mais pas trop rapide, j’ai pu suggérer le battement des ailes de l’oiseau. La photo gagne en dynamisme par rapport à un sujet qui aurait été entièrement net.

J’aurais aussi pu faire un choix différent et décider de figer la totalité de l’oiseau. Une solution aurait été d’augmenter davantage la sensibilité ISO pour avoir une vitesse encore plus rapide. A titre d’exemple, en passant à 2000 ISO, j’aurai pu bénéficier d’une vitesse de l’ordre de 1/1250 s.

 

 

Anticiper pour réussir sa mise au point

Après avoir vu comment figer le mouvement de l’oiseau, il y avait un autre défi de taille à relever. Les colibris bougent sans cesse, et ne restent pas plus de 1 à 2 secondes au même endroit.

Dans ces conditions, il est très difficile de faire la mise au point sur le sujet. Le temps de repérer l’oiseau dans le viseur et d’appuyer sur le déclencheur, l’oiseau est déjà parti depuis un bon moment !

Au départ, je pensais faire une mise au point en continu sur mon sujet. Ce mode autofocus permet d’obtenir de bons résultats avec des sujets en mouvement. Le fonctionnement est simple : tant que le déclencheur est enfoncé à mi-course, la mise au point se fait en continu sur le sujet. Chez Nikon, ce mode s’appelle AF-C alors que chez Canon on parle de AF AI Servo.

Mais ce mode n’est vraiment efficace que si on a la possibilité de suivre son sujet dans le viseur. Or les colibris sont si mobiles qu’il est quasiment impossible de suivre leur mouvement dans le viseur ! La mise au point en continu n’était donc pas d’une grande aide dans cette situation.

Après quelques minutes d’observation, je me suis rendu compte que les colibris revenaient régulièrement au même endroit. Pour être plus précis, j’ai remarqué qu’après s’être nourris sur une fleur, ils effectuaient un vol stationnaire de 1 à 2 secondes à environ une vingtaine de centimètres de cette même fleur. Pour réussir ma mise au point, il me fallait donc anticiper le déplacement des oiseaux !

Dès qu’un oiseau se posait sur une fleur, j’évaluais l’endroit où il allait se trouver quelques secondes plus tard. A partir de cette estimation, je faisais une mise au point préalable sur un élément qui se trouvait à une distance équivalente. Après avoir mémorisé cette mise au point, il ne me restait plus qu’à cadrer sur la zone que j’avais ciblée et attendre que l’oiseau viennent se présenter dans mon viseur pour appuyer sur le déclencheur.

 

La mémorisation de la mise au point est une fonction présente sur la plupart des reflex. En pratique, il faut appuyer à mi-course sur le déclencheur pour faire la mise au point puis appuyer sur le bouton de mémorisation. Tant que vous gardez le doigt appuyé sur le bouton de mémorisation, la mise au point est conservée. Vous pouvez ensuite recomposer votre photo à votre guise.

 

Conclusion

Lorsque vous photographiez des sujets rapides, une bonne maîtrise de la vitesse d’obturation est essentielle. En fonction du rendu que vous souhaitez obtenir, vous devrez doser la vitesse et trouver le juste équilibre : ni trop lent, ni trop rapide. Gardez également à l’esprit que lorsque la luminosité n’est pas abondante, vous avez toujours une marge de manœuvre en augmentant la sensibilité ISO.

L’anticipation est le deuxième point sur lequel vous devez travailler pour réussir vos photos de sujets en mouvement. Même si les systèmes autofocus ont fait de gros progrès ces dernières années, ils ne peuvent pas toujours tout faire à votre place !  La mémorisation de la mise au point est une astuce très utile que je vous recommande fortement d’essayer !

 

J’espère que cet article vous aura donné des idées pour mieux photographier des sujets rapides, voire très rapides. Bien entendu, les conseils que je donne sont également applicables à d’autres sujets, comme par exemple des voitures, des gouttes d’eau, etc. Enfin, il faut préciser qu’avec ce type de sujet il y a pas mal de déchet et que vous n’obtiendrez pas le meilleur résultat dès la première photo !

 

 

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