Cette semaine je vous propose un article un peu spécial. Pour une fois, je vais vous parler un peu plus de moi… Non, je ne vais pas vous raconter ce que je mange au petit-déjeuner, vous parler de mes goûts vestimentaires ou faire l’éloge de mon chanteur préféré. Même si j’ai des discussions plus poussées avec certains lecteurs, cela n’a pas un grand intérêt pour la majorité d’entre vous !

Je vais plutôt vous parler de mon parcours de photographe, de mes débuts à aujourd’hui. Loin de moi l’idée de vouloir faire une introspection nombriliste et stérile. Je pense au contraire que mon parcours pourrait aider certains à y voir plus clair. Après tout, quand on débute la photo ou toute nouvelle activité, on a souvent besoin d’un peu de visibilité.

Ce que je souhaite vous montrer, c’est qu’il n’est pas nécessaire de déplacer des montagnes pour progresser en photo. En lisant vos mails, je me rends compte que vous êtes parfois un peu désabusés, en manque de motivation, et que vous ne savez pas toujours par quel bout prendre le problème. Certains s’imaginent que faire de belles photos est un parcours du combattant ou pire, un objectif inaccessible.

A travers mon parcours, je vais donc tenter de vous convaincre qu’il est possible de franchir un cap. Je vais vous montrer comment j’ai été aveuglé par un mythe très ancré au sujet du matériel photo. Puis comment, après des débuts laborieux, j’ai eu un déclic. Et enfin, quels ont été les éléments déterminants qui m’ont permis de m’épanouir en photo.

 

Mes débuts en photo

J’ai commencé sérieusement la photo en 2009 avec l’achat de mon premier reflex, un Nikon D90. Je dis sérieusement parce qu’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours eu un appareil photo entre les mains. Un compact argentique à l’adolescence, puis un des premiers compacts numériques grand public (un Olympus C-840L, pour ceux qui connaissent !) et enfin mon premier appareil photo « expert », un bridge.

Jusqu’à l’acquisition de mon premier reflex, ma pratique photo se résumait à de la photo souvenir, sans aucun aucun but esthétique : les photos de vacances, des fêtes de famille ou des sorties entre amis. Le passage au reflex était donc censé marquer une nouvelle étape dans ma vie de photographe et rimer avec meilleures photos.

Me voilà donc équipé avec un reflex et je découvre rapidement les joies qui vont avec : un vrai viseur optique, une bonne qualité d’image, l’instantanéité du déclenchement, la découverte des réglages manuels, le bruit caractéristique du miroir (clic !), etc. Bref, que du bonheur et un bond en avant pour quelqu’un qui vient du bridge.

Les premiers mois avec mon reflex était très agréables et riches en découvertes. Voici d’ailleurs quelques-unes des photos prises à cette époque (cliquez sur les photos pour les voir en grgrand).

 

 

Pourtant, même si j’arrivais à me faire plaisir, je sentais qu’il manquait encore quelque chose. Je trouvais (à juste titre !) que mes photo était toujours banales et qu’elles présentaient des défauts techniques. Au final, j’arrivais à faire des photos un peu plus jolies qu’avec mon bridge, mais elles avaient toujours peu d’intérêt en dehors du cercle familial ou des amis.

 

Le mythe : bon appareil photo = belles photos

Un jour, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose ! Certes, j’avais un reflex, mais visiblement cela ne faisait pas tout… Il faut dire que pendant quelques temps j’ai cru naïvement qu’avoir un bon appareil photo allait faire de moi un bon photographe. Voilà une idée bien ancrée et que les fabricants d’appareils photo entretiennent savamment…

C’est un peu comme se dire qu’en jouant avec la raquette de Nadal ou de Federer, on va devenir un as du tennis. Ou qu’en mettant les chaussures d’Usain Bolt, on va courir un 100 m en moins de 10 s ! Pardon pour ceux d’entre-vous qui sont moins férus de sport, mais ces comparaisons me paraissaient assez parlantes.

Revenons-en à la photo. Prendre de belles photos n’est pas uniquement une question de matériel. Un bon appareil photo aide à prendre de meilleures photos dans certaines situations, je ne vous dirai pas le contraire. Mais ce pas une fin en soi ! Tout dépend de comment on utilise ce matériel.

 

Nikon-D5200-D4
Lequel de ces deux appareils photo vous permettra d’être un meilleur photographe ? Le modèle d’entrée de gamme (D5200) ou le modèle pro (D4) ? Les deux, mon général !!

 

Pensez-vous que le meilleur des reflex va composer des photos saisissantes à votre place ? Qu’il sera capable de gérer tout seul l’exposition d’un contre-jour ? Qu’il saura quel est le bon moment pour appuyer sur le déclencheur ? Qu’il saura choisir quel couple ouverture/vitesse est le mieux adapté à votre intention photographique ? Et bien non, même les appareils photos les plus perfectionnés n’en sont pas capables.

Tout cela pour vous dire que la course à l’équipement est à mon sens une illusion. Il est tout à fait possible de faire de belles photos avec un reflex et un objectif basiques. Si c’est le type de matériel que vous possédez, vous avez déjà entre les mains du bon matériel. Il y a vingt ou trente ans, beaucoup de photographes n’auraient même pas oser rêver des fonctionnalités offertes par les reflex d’entrée de gamme actuels.

Quelques mois après l’acquisition de mon reflex, il fallait donc affronter la réalité. Si j’avais un bon appareil photo entre les mains et qu’il manquait toujours quelque chose à mes photos, c’est que certainement le problème venait de moi !

 

Le déclic !

A partir de ce moment-là, j’ai décidé de prendre les choses en main. Je n’allais plus subir les défauts techniques de mes photos, j’allais chercher à comprendre ce qui ne marchait pas. Je ne n’allais plus me dire qu’un joli sujet suffisait à faire une belle photo. Je n’allais plus croire que l’appareil photo allait faire tout le travail à ma place.

Pour enfin réussir à m’épanouir en photo, j’ai donc mis en place un plan de bataille ! Bon d’accord, le mot est un peu fort… Disons plutôt que j’ai cherché à mettre toutes les chance de mon côté pour progresser. Avec le recul, j’ai pu identifier les trois éléments principaux qui m’ont permis de franchir un cap.

 

Les cours photo

Comme j’avais à l’évidence quelques lacunes, j’ai décidé de tout remettre à plat et de repartir sur de bonnes bases. J’ai été assez surpris de constater que parfois on pense que certaines notions sont acquises, alors qu’en fait on n’en a qu’une connaissance partielle…

J’ai donc suivi plusieurs cours photo thématiques. J’ai choisi une méthode de formation innovante en suivant des cours à distance, via un site internet spécialisé. Et comme il n’existait rien dans ce domaine en français, j’ai dû me rabattre sur des sites anglophones.

Nikon D90 – 18-200 mm
En me formant, j’ai appris à gérer la profondeur de champ pour mettre en valeur mon sujet.

 

Ces cours ont été un véritable accélérateur dans mon parcours. Ils m’ont permis de structurer mon apprentissage, de suivre une progression logique. Je comprenais enfin ce qui m’avait manqué jusque-là et pourquoi mes photos étaient parfois ratées ou pas assez abouties.

Les cours m’ont également donné un cadre. J’ai remarqué qu’en pratiquant la photo dans son coin, on a vite fait de se disperser… On peut passer un temps fou sur des détails, pour au final, passer à côté de l’essentiel.

Je me suis aussi pas mal documenté à l’aide de livres et de magazines. Même si j’ai appris pas mal de choses, le manque d’interaction et le côté austère de certains ouvrages techniques ont été des freins.

 

La pratique

La pratique a été le deuxième élément déterminant dans ma progression. En faisant de la photo tous les 36 du mois, on progresse forcément moins vite qu’en pratiquant régulièrement. On est aussi moins souvent confrontés à des problèmes.

Comment résoudre une difficulté si on n’y a jamais été confronté avant ? Ce n’est pas le jour J, quand on a des photos importantes à faire, que l’on doit se perdre dans les réglages de son appareil photo.

Nikon D90 – 18-200 mm
En m’entraînant à photographier en pose longue, j’étais prêt lorsque cette scène s’est présentée.

 

Les cours que j’ai suivi était aussi accompagnés d’exercices pratiques  pour mettre en application ce que j’apprenais. J’ai donc pu progresser sans m’en rendre compte. Petit à petit j’ai acquis des automatismes et je suis devenu beaucoup plus réactif sur le terrain.

 

L’échange avec des photographes plus expérimentés

Enfin, le contact avec des photographes aguerris a été une aide précieuse. Je suis convaincu que l’on progresse rarement tout seul et que l’on se nourrit des échanges avec les autres. J’ai donc cherché à prendre conseil auprès de photographes plus expérimentés que moi.

Pouvoir s’appuyer sur quelqu’un quand une difficulté se présente est un vrai plus. Ces échanges ont eu lieu aussi bien dans la vie réelle que sur internet et cela continue encore aujourd’hui !

 

Et aujourd’hui ?

Si je devais utiliser une formule tout faite, je dirais que je suis passé du statut de photographe désabusé à celui de photographe épanoui. Je suis un photographe parmi d’autres mais j’ai cette chance de me faire vraiment plaisir en pratiquant la photo.

Je continue d’aiguiser mon regard mais j’ai réussi à faire sauter les barrières qui m’empêchaient d’avancer. La technique, qui était souvent une épine dans mon pied, est devenue ma meilleure alliée !

 

Nikon D90 – 18-200 mm
J’avais cette image en tête depuis longtemps. Un vieux rêve de gamin que j’ai pu réaliser !

 

Quand j’ai une image en tête, j’ai maintenant le bagage nécessaire pour pouvoir la réaliser. Je suis beaucoup moins frustré et j’aborde la photo beaucoup plus sereinement qu’avant.

J’arrive enfin à m’exprimer avec mon appareil photo et à faire les photos qui me plaisent. Et ça, c’est à mon avis le point le plus important !

 

Et vous ? Vous êtes plutôt un photographe désabusé ou un photographe épanoui ? Êtes-vous passé par ces périodes de doute ? Êtes-vous en plein dedans ? Dites-moi tout dans les commentaires !

 

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