Débuter en photographie n’est généralement pas de tout repos. La prise en main de l’appareil photo, la découverte des réglages, le choix du sujet, les règles basiques de composition à assimiler… Il y a une multitude de choses auxquelles il faut penser au moment de déclencher.

Débuter c’est aussi faire des erreurs. En soit, ce n’est pas un mal, nous faisons tous des erreurs et cela fait partie intégrante du processus d’apprentissage. Le plus important n’est pas de faire des erreurs, mais de s’en rendre compte et de rectifier le tir.

Dans cet article, je vous présente quelques erreurs fréquentes chez le photographe débutant. La plupart sont issues de mon expérience personnelle mais, avec le temps et les rencontres, je me suis rendu compte que je n’étais pas tout seul à être passé par là. Que vous débutiez la photo ou que vous ayez déjà un peu d’expérience, il y a de fortes chances que vous retrouviez un peu de vous dans ce qui suit !

 

1. Photographier en tout automatique

Les appareils photo actuels disposent d’un arsenal de réglages automatiques pour assister le photographe au moment de la prise de vue. Quand on débute tout juste la photo, c’est une aide précieuse et cela apporte un confort certain.

Pour autant, à mesure que vous vous familiarisez avec votre appareil, je vous conseille de reprendre rapidement le contrôle sur les réglages. Si vous voulez réussir vos photos, vous n’avez aucun intérêt à laisser l’appareil tout décider à votre place !

Prenons l’exemple de la mise au point : avez-vous vraiment envie que l’appareil choisisse où la mise au point doit être faite ? Je suis certain que vous avez déjà été confronté au problème suivant : vous avez votre sujet devant vous, vous appuyez sur le déclencheur mais la mise au point se fait à côté.

Aussi perfectionné soit-il, même le meilleur des appareils photo ne fera pas systématiquement le bon choix. La mise au point est donc l’un des premiers paramètres sur lequel vous devez reprendre la main. Pour cela, commencez petit à petit à sélectionner vous-même le collimateur qui sera utilisé pour faire la mise au point.

Photographier en tout automatique, c’est aussi fermer la porte à d’immenses possibilités créatives. En laissant votre appareil choisir l’ouverture et la vitesse, vous réduisez considérablement votre marge de manœuvre.

 

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En tout automatique, je n’aurais pas pu obtenir ce résultat ou alors
je ne l’aurais pas fait exprès !

 

Vous voulez jouer sur la profondeur de champ et obtenir de jolis flous d’arrière-plan ? Vous voulez figer le mouvement d’un sujet ou au contraire retranscrire son mouvement ? Pour exprimer pleinement votre intention photographique, il n’y a pas cinquante solutions, vous devez fuir le tout automatique !

 

2. Ne pas vérifier ses réglages

Si vous avez déjà passé cette première étape et que vous êtes sorti du tout automatique, un autre « danger » vous guette. Avant de commencer une séance photo, prenez un peu de temps pour vérifier vos réglages. Il est possible que lors de la séance précédente vous ayez eu à modifier tel ou tel réglage pour un besoin spécifique et que ce réglage soit resté en l’état…

Un cas d’école concerne l’utilisation d’une sensibilité ISO qui n’est pas adaptée à la situation. Voici le schéma classique : vous faites des photos en intérieur et, comme la vitesse est un peu juste, vous augmentez la sensibilité ISO (par exemple à 1000 ISO) pour éviter un flou de bougé. Puis vous terminez tranquillement vos photos sans plus vous soucier de cette modification.

Quelques heures ou quelques jours plus tard, vous prenez à nouveau votre appareil photo pour faire des photos en extérieur alors que le soleil est au rendez-vous. Et comme vous n’avez pas contrôlé vos réglages, vous photographiez toujours à 1000 ISO !

Si vous avez l’œil, vous vous rendrez compte tout de suite que vous disposez d’une vitesse anormalement élevée. Mais en débutant, il y a de fortes chances que vous ne vous en aperceviez qu’une fois devant votre ordinateur, en constant avec amertume la présence de bruit numérique sur vos photos ou pire, une surexposition irrécupérable. C’est tout bête, mais je me suis retrouvé dans cette situation et je peux vous dire que cela m’a servi de leçon !

Ceci n’est qu’un exemple mais cela montre bien que le moindre petit oubli peut avoir des répercussions importantes. Je pourrais d’ailleurs vous faire la même démonstration pour l’utilisation d’une ouverture, d’une vitesse ou encore d’un mode autofocus inadapté aux conditions de prise de vue.

Mais pas de panique, avec un peu d’organisation, vous pouvez vous en sortir ! Avant de prendre des photos, pensez juste à faire un check-up de votre appareil photo pour vous assurer que les réglages sélectionnés vont bien correspondre à la situation.

 

3. Photographier uniquement en JPEG

En photographiant en JPEG, l’appareil photo applique automatiquement un ensemble de corrections à votre image (balance des blancs, netteté, contraste, saturation…). Cela étonne souvent les photographes débutants que je rencontre pourtant, une photo au format JPEG est une photo post-traitée ! Pas par le photographe, mais par le logiciel interne de l’appareil photo.

Après avoir appliqué ces corrections, l’appareil photo effectue un compression des données pour donner un fichier JPEG. En privilégiant le JPEG, vous perdez donc une partie des informations enregistrées par le capteur de l’appareil photo. Le JPEG est très bien pour vos photos souvenir ou si vous avez besoin de disposer rapidement de vos photos.

Mais si vous êtes un minimum exigeant, vous avez tout intérêt à utiliser le format RAW. Pour rappel, un RAW c’est la version brute de votre image, telle qu’elle a été enregistrée par le capteur. En utilisant, le format RAW, vous devenez donc acteur du post-traitement et vous ne subissez plus les corrections appliquées par défaut par l’appareil photo.

 

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Ci-dessus : une photo que j’ai développée à partir d’un fichier RAW.
Avec le RAW, ce n’est plus l’appareil photo qui décide à ma place des corrections à effectuer !

 

Comme il n’y a pas eu de compression, vous disposez également d’une plus grande souplesse en post-traitement. Par exemple, l’un des nombreux avantages du format RAW concerne le réglage de la balance des blancs. En utilisant ce format, la balance des blancs n’est pas fixée, vous avez donc toute latitude pour ajuster ce réglage en post-traitement. Vous pouvez ainsi résoudre facilement les problèmes de couleur les plus courants (photos trop jaunes en intérieur, par exemple)

Si le format RAW et plus généralement le post-traitement vous effraie, vous pouvez procéder par étape et commencer par photographier simultanément en RAW+JPEG. De nombreux appareils offrent cette possibilité et il serait dommage de s’en priver.

 

4. Trier ses photos sur l’écran de l’appareil photo

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L’écran LCD du Nikon D7100

C’est un réflexe que j’avais pris à mes débuts et je me suis vite rendu compte que j’avais tout faux. L’écran LCD de l’appareil photo est fait pour avoir un aperçu de ses photos, mais pas plus.

Même si la définition des écrans s’est beaucoup améliorée ces dernières années, un écran de quelques centimètres de largeur n’est à mon avis pas l’outil idéal pour trier ses photos.

Vous allez me dire qu’il y a quand même des photos que l’on peut tout de suite classer dans la catégorie « photos ratées ». Une erreur de mise au point, un flou de bougé, un problème de cadrage manifeste, un détail parasite… Je suis d’accord, il y a quelques situations où la destination de votre photo ne fait guère de doute. Dans ce cas, si vous êtes sûr de vous, direction poubelle.

Mais pour les autres photos, celles qui ne présentent pas de défaut évident, je vous recommande d’attendre d’être devant votre ordinateur pour effectuer un tri efficace. C’est ainsi que vous arriverez à voir toutes les subtilités et que vous pourrez vraiment juger de la qualité de vos photos.

 

5. Photographier avec le flash intégré

Vous avez sûrement déjà essayé de photographier avec le flash intégré à votre appareil photo. Et vous avez probablement constaté que la lumière produite par l’éclair du flash ne met pas le sujet en valeur : sujet trop clair ou encore ombres disgracieuses, pour ne citer que ça.

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Un exemple de diffuseur pour flash intégré

Avant de déclencher votre flash, essayez de voir s’il n’y a pas d’autres alternatives. Lorsque l’éclairage ambiant n’est pas trop faible, augmenter la sensibilité ISO peut parfois être suffisant. Vous allez faire monter le bruit, mais entre un photo bruitée et une photo avec une lumière peu flatteuse, mon choix est vite fait… Si vous êtes en intérieur et qu’il y a de la lumière venant de l’extérieur, vous pouvez aussi utiliser un réflecteur pour apporter une source de lumière complémentaire.

Si vous tenez à tout prix à utiliser le flash intégré ou que vous n’avez pas le choix, sachez qu’il existe des accessoires dans le commerce pour diffuser la lumière. Pour les petits budgets, il existe aussi quelques solutions « maison » pour diffuser la lumière à moindre coût (mouchoir en papier, morceau de papier calque…). Ce n’est pas la panacée, mais c’est déjà mieux que rien !

Je vous conseille donc de vous servir du flash intégré uniquement comme solution de secours. Si vous avez régulièrement besoin d’un éclairage d’appoint, la voie royale est d’utiliser un flash cobra avec une tête orientable. Vous pourrez plus facilement moduler la lumière et vous obtiendrez de bien meilleurs résultats.

 

Et vous, quelles sont les erreurs que vous avez faites en débutant la photo et qui vous ont permis de progresser ? N’hésitez pas à partager vos expériences en laissant un commentaire !

 

5 erreurs courantes du photographe débutant
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A PROPOS DE L’AUTEUR…

Vous aimez prendre de belles photos, mais vous ne savez pas (toujours) comment faire ? Vous êtes au bon endroit !

Je m’appelle Fabien Beilhe et je suis photographe indépendant.

A travers ce blog, je partage avec vous tous mes conseils et astuces pour progresser en photo.

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