Vous avez été nombreux à apprécier l’interview de chefNini et je me suis dit qu’il serait intéressant de renouveler l’expérience ! Je vous propose de découvrir aujourd’hui un photographe au parcours étonnant : Jean-Charles Rey.

On peut dire que certains photographes professionnels ont eu plusieurs « vies » dans leur carrière, c’est le cas de mon hôte du jour. Jean-Charles Rey a accepté de répondre à quelques questions et de partager avec vous son parcours, sa façon de travailler, sa vision de la photo et bien d’autres choses encore !

 

Bonjour Jean-Charles, peux-tu te présenter et nous raconter tes débuts en photo ?

Je m’appelle Jean Charles Rey et je suis photographe professionnel à Marseille. J’ai débuté la photographie comme beaucoup, très tôt. En faire mon métier me semblait une évidence, une vocation… Quoi faire d’autre ? Mes études jusqu’au bac furent médiocres, ma formation photographique plutôt rapide puisque j’ai obtenu mon CAP en 1 an.

La technique est évidement incontournable mais loin d’être suffisante. Les écoles de photographie intègrent aujourd’hui systématiquement une solide formation aux logiciels incontournables, les stages sont toujours aux programmes et sont vraiment à choisir avec beaucoup d’attention ! Nombreux sont ceux qui pensent qu’une formation n’est pas indispensable. Même s’il reste possible de débuter « sur le tas », les orientations de carrière intéressantes restent occupées par les majors des meilleures écoles…

 

Portrait_touareg
Femme touareg – Niger
© Jean-Charles Rey

 

Quel a été ton premier travail en tant que photographe ?

J’ai débuté dans la presse quotidienne grâce à l’un de mes stages chez Var-Matin transformé en CDI à la fin de ma formation (et oui, les stages sont aussi faits pour cela !). Une expérience fondatrice, pour moi, le début  d’une passion pour le terrain de l’information.

Durant ces années j’ai appris énormément auprès des « anciens », j’ai évolué doucement vers le numérique que nous n’avions même pas abordé à l’école ! Un métier en pleine mutation où nous devions nous adapter chaque jour. Tout est devenu plus simple ! Prise de vue, développement, editing, maquettage…

C’est ainsi que la moitié des photographes sont partis à la retraite, que les rédacteurs sont devenus également photographes… Pas de mélancolie mais le simple constat que le monde accélère et l’univers de l’image a beaucoup changé en peu de temps, souvent au profit du simple, du rapide et… du pas cher !

 

Parallèlement, certaines rencontres ont permis de donner une nouvelle orientation à ta carrière…

Mes rencontres auprès de l’UNICEF ont totalement fait évoluer mes perspectives puisque j’ai travaillé très rapidement sur des sujets internationaux que l’agence GAMMA a diffusés à partir de la fin des années 90.

Ma curiosité ne cessait de grandir au fil des « missions ». Pourtant, pas grand chose ne me prédisposait à assumer les nombreuses épreuves humaines jalonnant le parcours d’un modeste reporter engagé… Guerre, famine, maladie, un presque quotidien dont je garde l’optimisme et l’humanisme indispensable à ce type de parcours ; un  état de liberté absolue, ce quotidien imprévisible me convenait parfaitement.

 

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Bébé à la pesée – Niger
© Jean-Charles Rey

 

Peux-tu nous parler un peu plus de ton travail auprès des associations humanitaires ?

Sur le terrain de l’humanitaire, j’avais le privilège d’être au plus près des populations et de pouvoir m’inspirer librement de ces voyages dans le voyage. L’édition, intéressée par cette immersion m’a offert durant quelques années un mode de fonctionnement extraordinaire… Carte blanche ! 4 carnets de voyage par an et 5 autres livres pour enfants…

Résultat, la parfaite vie de nomade dont je rêvais durant 15 ans. Mes sujets étaient minutieusement préparés mais la réalisation est toujours pleine de surprises et d’imprévus ! Chaque voyage s’étalait sur 2 à 6 mois, exceptionnellement (Inde, Amérique du sud) au-delà de l’année.

La photographie est pour moi un beau prétexte au voyage, à la rencontre et au partage. Les rencontres alimentent nos envies, notre curiosité et une belle émulation avec notre univers.

Couleur, noir et blanc, argentique, numérique… peu importe, là n’est pas l’essentiel !

 

Marche_malaisie
Marché en Malaisie
© Jean-Charles Rey

 

Quel matériel utilises-tu et quelle est ta façon de travailler ?

Durant toutes ces années, j’ai travaillé avec un Nikon F3 HP et 2 optiques d’occasions ! Aujourd’hui je photographie toujours avec mon boitier argentique et un Nikon D4… 90% de mes images sont réalisées au 50 mm. La focale fixe me semble une évidence. Le zoom… pratique certes dans bien des situations mais, à mon sens, il vous éloigne du cadrage, de l’approche et d’une certaine recherche… Bien sûr, il n’y a pas de règle absolue !

Pour ce qui concerne le post-traitement : pas de retouches excessives, de saturations ou de vignetages pseudo vintage… je fais simple, sans artifices !

 

Portrait
© Jean-Charles Rey

 

Et maintenant ?

Après 20 ans de bourlingue, 1 mariage et 2 enfants, quelques aménagements étaient incontournables ! J’ai donc monté une structure capable de gérer du reportage de mariage, d’entreprise et toutes les étapes que nos clients peuvent attendre, maquettage, graphisme, création d’identité visuelle, etc.

 

Photo_mariage
© Jean-Charles Rey

 

Cette nouvelle aventure est véritablement passionnante et il faut un investissement à 200%. Je suis aujourd’hui dans une réalité beaucoup plus pragmatique, une société représentant beaucoup de gestion, de marketing, de commercial et enfin quand même un peu de prise de vue !

 

Rencontre avec un photographe atypique : Jean-Charles Rey
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A PROPOS DE L’AUTEUR…

Vous aimez prendre de belles photos, mais vous ne savez pas (toujours) comment faire ? Vous êtes au bon endroit !

Je m’appelle Fabien Beilhe et je suis photographe indépendant.

A travers ce blog, je partage avec vous tous mes conseils et astuces pour progresser en photo.

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