Pour cette nouvelle édition de la Critique Photo nous allons nous intéresser à une discipline qui a beaucoup de succès ces derniers temps : la photo animalière. Pour cela, je vous propose de découvrir la photo d’un oiseau au nom charmant, le troglodyte mignon, qui m’a été proposée par Stéphanie.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, sauriez-vous deviner où a été prise cette photo ? En pleine nature, après de longues heures passées à attendre dans un affût ? Et bien non, contrairement aux apparences, Stéphanie a pris cette photo à Paris, dans le Bois de Boulogne ! Cette exemple confirme bien qu’il n’y a pas besoin d’habiter en zone rurale pour pratiquer la photo animalière.

Après avoir repéré l’oiseau grâce à son chant, Stéphanie a tout simplement suivi son compagnon d’un jour pour lui tirer le portrait. Avant d’appuyer sur le déclencheur, elle a évidemment pris soin de s’approcher en douceur pour ne pas l’effrayer.

 

troglodyte-mignon

210 mm – f/4,5 – 1/640 – 200 ISO

 

Les points forts

En découvrant cette photo j’ai tout de suite été séduit par son superbe bokeh. Il faut dire qu’en utilisant une longue focale (210 mm), une grande ouverture (f/4,5) et en s’approchant de l’oiseau, Stéphanie a mis toutes les chances de son côté pour arriver à ce résultat. Pourtant lorsque toutes ces conditions sont réunies, l’arrière-plan n’est parfois pas suffisamment homogène. Dans ce cas, il manque une condition supplémentaire : la zone située derrière le sujet doit être totalement dégagée pour qu’aucun élément parasite n’apparaisse dans le plan de netteté.

En photo animalière il est important de saisir des comportements illustrant la vie de l’animal (repas, accouplement, jeu, chant, combat, etc.). Même si nous ne sommes pas ici en présence d’un comportement à proprement parler, l’attitude de l’oiseau est intéressante. On imagine l’oiseau en sursis sur cette branche, prêt à bondir vers un autre perchoir. La position de la queue, dépassant derrière le corps de l’animal, participe également au dynamisme de l’image.

Enfin, il y a une harmonie entre le troglodyte et son environnement. L’oiseau, la branche sur laquelle il se situe et l’arrière-plan qui évoque le feuillage des arbres nous plongent immédiatement au cœur de la nature. Si vous faites de la photo nature, il est important d’axer vos efforts pour montrer l’animal dans un environnement qui soit le plus naturel possible. Évitez donc d’inclure dans le cadre des éléments artificiels qui viendraient ternir cette impression.

 

Les points à améliorer

Dès lors que l’on a trouvé un sujet à photographier, l’orientation du cadre est l’un des premiers choix à effectuer, bien avant de s’intéresser aux réglages de l’appareil photo. Le cadrage vertical utilisé pour cette photo ne semble pas le plus approprié. Même s’il existe des contre-exemples, l’orientation est bien souvent dictée par le sujet lui-même. Ici, la direction du regard de l’oiseau et la disposition de la branche imposaient plutôt un cadrage horizontal.

Dans le feu de l’action, surtout en photo animalière où tout peut aller très vite, il n’est pas toujours évident de faire les bons choix. Lorsqu’il s’agit du cadrage il est tout à fait possible de rattraper en post-traitement. Voici un exemple de recadrage possible :

 troglodyte-mignon-horizontal

 

La photo est plus dynamique, le regard de l’oiseau ne vient plus buter sur le bord du cadre. Vous pouvez également remarquer que la composition est plus efficace en faisant apparaître la branche à partir d’un angle du cadre.

Le deuxième points à améliorer concerne la qualité d’image : on observe un manque de piqué global sur la photo. La dégradation de la qualité peut avoir plusieurs origines dont une compression JPEG importante ou un post-traitement trop poussé. Lorsque vous enregistrez vos photos au format JPEG, privilégiez toujours la meilleure qualité disponible. Si vous effectuez pas mal de retouches sur vos photos, je vous recommande vivement de photographier au format RAW. Vous bénéficierez ainsi d’une plus grande marge de manœuvre qu’avec le format JPEG.

La photo a été prise aux alentours de 13h et ce n’était pas le meilleur moment pour mettre en valeur l’oiseau. En effet, en milieu de journée la qualité de la lumière n’est pas optimale, on dit que la lumière est dure. Pour bénéficier d’une lumière flatteuse pour le sujet, il est préférable de photographier en début ou en fin de journée, lorsque la lumière est plus douce.

Enfin, bien que le flou d’arrière-plan soit vraiment réussi, on discerne tout de même une bande verticale verte qui traverse le cadre. Cela ne saute pas au yeux au premier abord mais, une fois qu’on l’a remarquée, il est difficile de ne plus la voir. Stéphanie s’en est aussi rendue compte et elle m’a indiqué avoir effectué une retouche supplémentaire depuis la publication de cette photo sur le groupe Flickr Astuces Photo. Cela étant dit, ce n’est à mon avis qu’un détail et la présence de cette bande ne gâche pas le résultat final.

 

Je remercie Stéphanie qui s’est prêtée au jeu de la critique photo et je vous invite à proposer vous aussi vos photos ou à laisser un commentaire ci-dessous.

La Critique photo est une rubrique où je propose mon regard sur les photos de lecteurs du blog. Pour découvrir comment participer il vous suffit de lire cet article dans lequel je vous explique tout.

 

Critique Photo #8 : le troglodyte mignon
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A PROPOS DE L’AUTEUR…

Vous aimez prendre de belles photos, mais vous ne savez pas (toujours) comment faire ? Vous êtes au bon endroit !

Je m’appelle Fabien Beilhe et je suis photographe indépendant.

A travers ce blog, je partage avec vous tous mes conseils et astuces pour progresser en photo.

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